Flash Back — 10 ans après la Jungle de Calais, on est toujours là.

En octobre 2016, l’État détruisait la « Grande Jungle » de Calais. Dix ans après, les personnes exilées sont toujours là.

Communiqué de presse


cp

Film documentaire - en ligne ici le 16 octobre -


Dix ans après son démantèlement, la Jungle de Calais reste l’un des symboles les plus visibles des effets de la sécurisation croissante de la frontière franco-britannique. Lieu de refuge, d’attente et de relégation, elle est devenue le miroir grossissant d’une politique de non-accueil à l’échelle nationale et européenne.

Le démantèlement n’a pas mis fin à la présence des personnes exilées sur le littoral. Il a dispersé et fragmenté les lieux de vie, sous les effets des contrôles et expulsions répétés et de la militarisation croissante du territoire, précarisant et invisibilisant toujours davantage les personnes concernées et les exposant à des dangers extrêmes.

Dix ans après, ce film documentaire souhaite raconter ce qui s’est produit durant cette décennie. Pensé comme un road trip d’un caractère différent, il entend rendre visible et humaniser cette frontière, dans un contexte de désensibilisation et de disparation (disparation de l’aide publique/défaillance de la puissance publique, disparition des personnes, disparition de l’attention collective…). Rendre visibles ceux qui survivent, ceux qui attendent, ceux qui restent, ceux qui disparaissent, ces « naufragés de France », relégués aux marges d’un territoire dont ils ont peu à peu disparu du regard. Une composition vivante qui redonne la parole aux premiers concernés et donne à voir un autre visage du littoral. Pour revitaliser les sujets, rétablir le réel et conjurer la dimension sécuritaire dont cet espace est saturé.

Ce film met également à l’honneur l’hospitalité qui œuvre à bas bruit : les associations, les collectifs, les habitantes et habitants, les citoyennes et citoyens qui, depuis des décennies accueillent, soignent, accompagnent et apportent leur aide au quotidien. Des femmes et des hommes issus d’horizons divers qui continuent de répondre avec humanité aux enjeux du moment et incarnent cette « France d’avance ».

Malgré la gravité de la situation et l’ampleur des enjeux, le sujet reste lui aussi à la marge du débat public et des sphères médiatiques. Les travaux de la Commission d’enquête parlementaire initiée par Elsa Faucillon venue, à son tour, documenter et interroger cette réalité et les conséquences de décennies de politiques menées à la frontière franco-britannique, n’ont pas entraîné plus d’échos ni d’émois.

Dix ans après, il s’agit de regarder en face ce que cette décennie a produit et ses effets les plus néfastes. De rappeler que cette situation n’est pas une fatalité. Et surtout, d'ouvrir un horizon pour le littoral : celui de l’hospitalité, du droit et de la dignité.

TITRE réalisé par Charles Henry Frizon, produit par Bottoms Up.

LES ÉVÉNEMENTS


16, 17 et 18 octobre 2026 — Calais
Trois jours d’événements pour revenir sur dix ans de politiques migratoires à la frontière franco-britannique : portes ouvertes, tables rondes, expositions, projections, marche et repas partagé. Un moment collectif pour regarder en face ce que cette décennie a produit — et rappeler que rien n’est inéluctable. Le programme ci-dessous.

Programmeflashbackpage1

27 octobre 2026 — Londres
Projection organisée par le Crossborder Forum. - Information à venir

31 octobre 2026 — Wissant
Réunion publique en présence d’Elsa Faucillon, organisée par Alors on Aide. - Information à venir

CHIFFRES CLÉS


2 000 à 3 000 personnes survivent actuellement, dehors, dans des campements informels sur le littoral nord (estimation des associations non mandatées du littoral nord).

Le coût de la répression

  • Depuis la signature des Accords de Sandhurst en 2018, le Royaume-Uni finance la politique de contrôle des frontières côté français.
  • Sur le cycle 2023–2026, la contribution britannique s’élève à 541 millions d’euros (Guide du porteur de projet Sandhurst, préfectures de région).
  • Le cycle 2026–2029 porte cette enveloppe à 766 millions d’euros (audition de Thomas Touvet, DGEF, Commission d’enquête parlementaire sur les Accords du Touquet, 28 mai 2026).

Le coût de la solidarité

  • 6 à 7 millions d’euros par an mobilisés par les associations citoyennes non mandatées, sans fonds publics, du littoral nord (estimation réalisée dans le cadre de la Commission d’enquête parlementaire sur les Accords du Touquet).

Le coût humain

  • 559 personnes mortes aux frontières du littoral nord depuis 2015 (groupe décès comptage citoyen, au 6 octobre 2026).

POUR ALLER PLUS LOIN